Aller au contenu

Tamarin de Malabar

Garcinia gummi-gutta (L.) N. Robson

La peau séchée de Garcinia gummi-gutta, appelée kodampuli au Kerala et goraka au Sri Lanka, apporte une acidité nette aux currys de poisson, de crevettes et de légumes. Elle ne doit pas être confondue avec les extraits amaigrissants vendus en compléments.

Terreux2Chaud1Amer2Citronné5Piquant0Sucré1
Goût
Acide, fruité, fumé
Partie
Fruit
Origine
Asie du Sud et Asie du Sud-Est, notamment Kerala et Sri Lanka ; cultivée aussi en Afrique de l’Ouest
Intensité
  • 1965 Année des recherches ayant mis en évidence la présence d’acide hydroxycitrique (HCA).
  • 1998 Étude publiée dans JAMA : pas de différence significative de perte de poids contre placebo.
  • Mai 2012 Interdiction en France de la commercialisation à visée amaigrissante de cette substance.
  • Mars 2025 Alerte de l’Anses sur les risques liés aux compléments alimentaires à base de cette plante.

Carte d’identité de la tamarin de Malabar

Nom botanique
Garcinia gummi-gutta (L.) N. Robson
Famille
Clusiacées
Partie utilisée
Fruit
Aire d’origine
Asie du Sud et Asie du Sud-Est, notamment Kerala et Sri Lanka ; cultivée aussi en Afrique de l’Ouest
Producteurs
Inde, Sri Lanka, Indonésie, pays d’Afrique de l’Ouest
Composé aromatique
Acide hydroxycitrique (HCA)
Aussi appelé
Garcinia gummi-gutta · Garcinia cambogia · gambooge · baie de Brindall · kodumpulli · kodampuli · goraka · tamarinier de Malabar

Ne pas confondre la tamarin de Malabar

  • Tamarin

    Le tamarin est une pulpe de gousse. Le Garcinia gummi-gutta est une peau de fruit séchée, souvent vendue en morceaux sombres.

  • Garcinia mangoustan

    Le mangoustanier produit le mangoustan, un fruit de table différent. Son nom proche ne désigne pas le même condiment.

Comment utiliser la tamarin de Malabar

  1. 1

    Réhydrater les morceaux

    Rincez rapidement un morceau puis ajoutez-le directement au curry. Il se réhydrate pendant la cuisson.

  2. 2

    Doser avec retenue

    Commencez par un petit morceau pour quatre personnes. Son acidité monte au fil de la cuisson.

  3. 3

    Retirer avant de servir

    Enlevez la peau après cuisson si vous ne souhaitez pas la retrouver dans l’assiette.

  4. 4

    Moudre seulement au besoin

    Cassez un morceau sec au mortier pour obtenir une poudre fraîche. Ne réduisez pas tout le sachet.

Comment conserver la tamarin de Malabar

Graines entières 1 an
Moulu 6 mois
  • Gardez les morceaux secs dans un bocal hermétique, à l’abri de la lumière.
  • Évitez l’humidité : elle ramollit la peau et favorise les moisissures.
  • La poudre perd rapidement son parfum acidulé ; achetez-en peu.
  • Ne conservez pas cette épice dans un sachet ouvert près de la vapeur.

Combien mettre de tamarin de Malabar

Préparation Pour 4 personnes Remarque
Curry de poisson 1 petit morceau pour 4 personnes Ajoutez-le avec le liquide de cuisson ; goûtez avant d’en ajouter davantage.
Curry de crevettes 1 morceau pour 4 personnes Il remplace une partie du tamarin et apporte une acidité plus sèche.
Curry de légumes 1/2 à 1 morceau pour 4 personnes Les légumes doux supportent moins d’acidité que le poisson.
Lentilles ou pois chiches 1/2 morceau pour 4 personnes Ajoutez-le en début de mijotage, puis corrigez avec du sel.
Chutney Une pincée de poudre pour 250 g Employez une poudre très fine et dosez progressivement.
Marinade 1/2 morceau infusé dans 3 cuillères à soupe de liquide Filtrez avant de verser sur le poisson ou les légumes.

Tout savoir sur la tamarin de Malabar

Le Garcinia gummi-gutta fournit une peau acidulante

Garcinia gummi-gutta est un petit arbre de la famille des Clusiacées. Son fruit jaune, côtelé et arrondi rappelle une petite citrouille. Pour la cuisine, on emploie surtout la peau du fruit séchée, parfois vendue en morceaux courbés, brun foncé ou presque noirs.

Au Kerala, vous la trouverez sous le nom de kodampuli ou kodumpulli. Au Sri Lanka, elle est connue comme goraka. Les appellations gambooge, baie de Brindall et tamarinier de Malabar désignent aussi cette plante ou son fruit séché. Ce n’est pas du tamarin, même si les deux ingrédients servent à acidifier les sauces.

Une acidité sèche qui tient aux longues cuissons

La peau séchée donne une acidité franche, moins sucrée que celle du tamarin. Elle possède aussi une note fruitée, légèrement boisée, qui devient plus profonde dans un curry. Elle n’apporte ni piquant ni chaleur de piment.

Son acidité se diffuse lentement dans l’eau, le bouillon ou le lait de coco. C’est pourquoi on l’emploie surtout dans les plats mijotés. Si vous la croquez seule, le goût peut sembler très âpre. Dans la sauce, le sel, le gras et les épices l’arrondissent.

Morceau séché ou poudre : le morceau reste plus facile

Le produit traditionnel se présente en morceaux de peau séchée. Cette forme permet de voir la matière et de retirer l’épice en fin de cuisson. Pour un curry, prenez-le entier plutôt qu’en poudre.

La poudre se mélange mieux dans un chutney, une marinade ou une préparation sèche. Elle est toutefois plus difficile à doser et perd plus vite son parfum. Voici le choix pratique :

  • Morceau : idéal pour les currys de poisson, de crevettes et de légumes.
  • Poudre : utile pour les chutneys et les marinades.
  • Extrait ou gélule : ce n’est pas un substitut culinaire ; évitez les produits amaigrissants.

Les cuisines du Kerala et du Sri Lanka l’emploient

Le kodampuli est particulièrement associé aux cuisines du sud-ouest de l’Inde et du Sri Lanka. Il accompagne les poissons, les crustacés, les lentilles et les légumes cuits dans un bouillon épicé. Dans ces cuisines, l’acidité aide à donner du relief aux sauces riches en coco.

Son emploi est régional plutôt qu’universel. Un sachet vendu comme « Garcinia cambogia » peut être destiné aux compléments et non à la cuisine. Pour cuisiner, cherchez les mentions kodampuli, goraka ou peau séchée, et vérifiez la liste d’ingrédients.

Poisson, coco et lentilles forment ses meilleurs accords

Associez cette épice à des aliments qui supportent une acidité nette. Le poisson gras et les crevettes sont des accords classiques. Le lait de coco apporte le gras qui équilibre son côté tranchant.

  • Poissons blancs, maquereau et autres poissons en sauce.
  • Crevettes et crustacés.
  • Lentilles, pois chiches et haricots.
  • Courge, aubergine, gombo et autres légumes mijotés.
  • Gingembre, ail, piment, curcuma, fenugrec et feuilles de curry.

Évitez d’en mettre beaucoup dans une préparation déjà très citronnée. Ajoutez-le progressivement : l’acidité augmente pendant le mijotage.

Un bon kodampuli reste sec, sombre et reconnaissable

Choisissez des morceaux entiers, souples mais secs, avec une surface brun rouge à noire. Une légère irrégularité est normale : il s’agit de peau de fruit, pas d’une épice moulue calibrée. L’étiquette doit préciser l’espèce ou le nom culinaire régional.

Vérifiez les points suivants avant l’achat :

  • une odeur fruitée, acidulée ou légèrement fumée ;
  • des morceaux sans poussière excessive ni débris indéterminés ;
  • un emballage bien fermé, avec pays d’origine et date de durabilité ;
  • aucune mention de complément minceur ou d’extrait d’HCA si vous cherchez un condiment.

Son prix dépend surtout de la forme et de l’importation

Le prix varie selon le pays d’origine, le conditionnement et le circuit de vente. Les morceaux culinaires restent une denrée de niche, souvent vendue en petite quantité dans les épiceries indiennes ou sri-lankaises. Il n’existe pas de prix au kilo fiable et stable pour comparer tous les vendeurs.

La poudre et les gélules ne sont pas forcément plus intéressantes. Un tarif élevé peut correspondre à un extrait concentré et non à une meilleure qualité culinaire. Comparez la quantité réelle et la nature du produit.

Une odeur de renfermé signale un produit à jeter

Un morceau correct sent l’acide, le fruit sec ou la fumée légère. Il doit rester identifiable et ne pas présenter de duvet. Jetez-le si l’odeur est celle du renfermé, si la surface devient poisseuse ou si vous voyez des moisissures.

Une couleur très sombre n’est pas automatiquement un défaut. En revanche, des taches vertes, blanches ou cotonneuses indiquent une altération. Ne tentez pas de sauver un sachet moisi en retirant seulement le morceau atteint.

Les effets amaigrissants annoncés ne sont pas établis

Le fruit et sa peau contiennent de l’acide hydroxycitrique, ou HCA. Des hypothèses ont proposé un effet sur la satiété et la fabrication des graisses. Ces promesses ne constituent pas une preuve d’efficacité.

Une étude publiée en 1998 dans JAMA n’a pas trouvé de différence significative de perte de poids par rapport à un placebo. En France, la commercialisation à visée amaigrissante a été interdite en mai 2012. L’Anses a lancé une nouvelle alerte en mars 2025 sur les compléments concernés. Ne prenez pas cet ingrédient pour perdre du poids.

Inde, Sri Lanka et Indonésie partagent son histoire culinaire

L’espèce est indigène de régions subtropicales d’Asie, notamment d’Indonésie. Elle pousse dans des forêts humides et est cultivée dans plusieurs zones d’Asie du Sud et du Sud-Est. Des cultures existent aussi en Afrique de l’Ouest.

Le fruit séché circule depuis longtemps dans les cuisines du Kerala et du Sri Lanka. Son intérêt tient à sa conservation et à son acidité, pratiques dans les régions où les currys de poisson et de légumes sont fréquents. Son histoire culinaire est régionale, pas celle d’une épice universelle.

Le kodampuli acidifie, le tamarin apporte davantage de fruit

Produit Partie utilisée Profil Meilleur emploi
Garcinia gummi-gutta Peau de fruit séchée Acide, sec, légèrement fumé Curry mijoté
Tamarin Pulpe de gousse Acide, fruité, plus sucré Sauce, chutney, boisson
Amchur Mangue verte séchée et moulue Acide, fruité, poudreux Curry sec, marinade
Citron vert Jus et zeste Acide, frais, volatil Ajout en fin de cuisson

Le remplacement dépend donc du plat. Dans un curry longuement mijoté, le tamarin se rapproche le plus du résultat. Pour garder une acidité fraîche, utilisez le citron vert au dernier moment.

La tradition lui attribue des usages, pas des preuves médicales

Dans la médecine traditionnelle indienne, la plante a été utilisée dans des préparations destinées aux œdèmes, aux menstruations retardées, à la constipation, aux parasites intestinaux et aux rhumatismes. Ces mentions décrivent des pratiques culturelles. Elles ne valident pas un effet thérapeutique.

En cuisine, contentez-vous de la peau séchée employée comme condiment. Les poudres concentrées, extraits et compléments relèvent d’un autre usage, avec des risques qui ne sont pas ceux d’une petite quantité incorporée dans un curry.

Précautions

Aux doses de cuisine
Employez la peau séchée comme condiment, en petite quantité. Ces usages alimentaires traditionnels ne se confondent pas avec les extraits concentrés.
Compléments amaigrissants
N’utilisez pas de complément à base de Garcinia gummi-gutta pour maigrir. La commercialisation à cette fin est interdite en France depuis 2012 et l’Anses a alerté sur des effets indésirables graves en 2025.
Foie, cœur et digestion
Des atteintes hépatiques, cardiaques et digestives ont été signalées avec des produits concentrés. Arrêtez un complément et demandez un avis médical en cas de symptôme.
Grossesse et allaitement
Restez sur un usage culinaire occasionnel et évitez les extraits, gélules et poudres fortement dosées faute de données suffisantes.
Allergie
Une allergie spécifique est peu documentée, mais une réaction à cette plante reste possible. Évitez-la si vous avez déjà réagi à un produit de la famille des Clusiacées.

Les plats où la tamarin de Malabar est indispensable

  • Kerala

    Poisson au kodampuli

    Acidifie le bouillon et équilibre le lait de coco.

  • Sri Lanka

    Curry de crevettes au goraka

    Apporte une note fruitée et acidulée.

  • Inde du Sud

    Curry de légumes aigre-doux

    Relève les légumes sans ajouter de piment.

  • Sri Lanka

    Curry de lentilles à la peau séchée

    Donne du relief aux légumineuses.

La tamarin de Malabar dans les grands mélanges

Mélange Part Rôle
Curry du Kerala Condiment acidulant La peau séchée peut entrer dans certains currys régionaux ; la composition varie selon les familles et les recettes.
Mélanges sri-lankais pour poisson Condiment acidulant Le goraka accompagne traditionnellement les préparations de poisson, avec piment, épices et lait de coco.

Par quoi remplacer la tamarin de Malabar

La tamarin de Malabar le substitut — axes dans le sens horaire depuis le haut : terreux, chaud, amer, citronné, piquant, sucré

  • Citron

    Très proche

    Ajoutez-le en fin de cuisson. Il apporte une acidité plus fraîche, sans le côté boisé de la peau séchée.

  • Amchur

    Très proche

    La poudre de mangue verte convient aux currys secs et aux légumineuses, avec une acidité plus douce.

Les questions qu’on se pose sur la tamarin de Malabar

Le Garcinia gummi-gutta est-il piquant ?

Non. La peau séchée est acidulée et légèrement boisée, mais elle n’apporte pas de piquant.

Quelle différence avec le tamarin ?

Le Garcinia gummi-gutta est une peau de fruit séchée. Le tamarin est une pulpe de gousse, plus sucrée et plus fruitée.

Par quoi remplacer le kodampuli ?

Remplacez-le par du tamarin pour une sauce mijotée, de l’amchur pour un curry sec ou du citron vert ajouté en fin de cuisson.

Quelle quantité utiliser dans un curry ?

Commencez avec un petit morceau pour quatre personnes. Goûtez après cuisson avant d’en ajouter.

Peut-on manger du Garcinia gummi-gutta enceinte ?

Une petite quantité culinaire occasionnelle n’est pas comparable à un extrait. Par prudence, évitez les compléments et demandez conseil à votre professionnel de santé.

Les compléments de Garcinia font-ils maigrir ?

L’efficacité amaigrissante n’est pas démontrée. Une étude de 1998 n’a pas montré de différence significative contre placebo, et des effets graves ont été signalés avec des produits concentrés.

Y a-t-il un risque d’allergie ?

Une allergie spécifique est peu documentée, mais toute plante peut provoquer une réaction. Arrêtez en cas de symptôme inhabituel et consultez si nécessaire.

Comment savoir si le produit est périmé ?

Jetez-le s’il sent le renfermé, devient poisseux ou porte des moisissures. Une couleur sombre seule n’est pas suffisante pour conclure.

Combien de temps se garde le kodampuli ?

Les morceaux bien secs gardent leur qualité environ douze mois dans un bocal hermétique. La poudre perd son parfum plus vite.

Peut-on congeler la peau séchée ?

Ce n’est généralement pas nécessaire. Un stockage sec, hermétique et à l’abri de la lumière convient mieux.

Combien pèse une cuillère à café ?

Le poids varie beaucoup selon la mouture et le tassement. Pour cette épice peu dense, pesez la quantité si une recette demande une mesure précise.

Où acheter du kodampuli ?

Cherchez-le dans les épiceries indiennes ou sri-lankaises, chez certains vendeurs de produits asiatiques et auprès d’épiceries en ligne spécialisées.

La tamarin de Malabar dans l’annuaire

À découvrir après la tamarin de Malabar